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mardi 5 août 2008

Solitaire Figaro : Morvan s'est relancé au général



Morvan veut encore croire que tout est possible

Solitaire du Figaro (2e étape Vigo - Cherbourg). Grâce à une stratégie gagnante le long des côtes espagnoles, il s'est relancé au général.

« Ça, c'est ma vengeance contre Troussel. » Gildas Morvan est hilare. Il savoure, au ponton, le champagne de la victoire. Sa quatrième en 13 ans sur la Solitaire du Figaro, dont il est désormais un vétéran. « Je pense effectivement que c'est ma plus belle victoire, car l'étape était longue et très difficile avec des conditions météo très différentes et des passages très difficiles à négocier. »

Lors de son dernier succès sur la Solitaire du Figaro, en 2005, Gildas Morvan, n'avait pas eu l'occasion de manifester sa joie. En fait, il avait franchi la ligne en 2e position à Santander, derrière Gérald Véniard et avait récupéré la victoire sur tapis vert après disqualification du vainqueur. Hier soir, le skipper de Landéda ne s'est pas privé de laisser exploser sa joie. Une joie toute léonarde, immense à l'intérieur, mais humblement exprimée.


Un pari gagnant

Car cette victoire-là ne doit rien à personne. Peu après le passage du cap Finisterre, Gildas Morvan a tenté un coup en venant longer les côtes espagnoles pour ressortir quelques heures plus tard devant la flotte. « J'étais sûr de mon coup, en tirant dans les baies. La rotation était annoncée au sud. C'est là qu'il fallait être. Ce qui est marrant, c'est que j'avais fait le même coup en 1999, lors de ma première victoire d'étape. J'ai réessayé et ça a marché. »

Fort d'un avantage de 7 à 9 milles sur le reste de la flotte, le grand spi blanc et vert a ensuite ouvert la voie dans le Golfe de Gascogne. Sans jamais se retourner pour savoir où était la meute. « Depuis que l'on ne nous communique plus la position des autres, je fais ma route sans tenir compte de la concurrence, avoue-t-il. Peut-être que si j'avais su où ils se positionnaient, j'aurais été tenté de contrôler. » Voilà peut-être venu le nouveau Morvan. Celui qui ne calcule plus. Celui qui croît en lui, en ses capacités. En sa vitesse aussi.

Un sondage parmi les ténors de la classe, sur les pontons de la Rochelle, le donnait souvent vainqueur. « Gildas, il a un truc cette saison, il va vite. C'est le favori », confiait Nicolas Troussel. « En plus c'est bien, car on sait que lorsqu'il a la pression, il a tendance à la gérer difficilement » poursuivait, avec malice, un autre ténor du peloton.

Depuis l'an dernier, Gildas Morvan a beaucoup navigué avec Jean Le Cam, sur d'autres supports. Une expérience qui lui a beaucoup apporté. « Avec Jean, quand on fait un choix stratégique, on fait jusqu'au bout, quoi qu'il arrive. » Avec un peu moins de deux heures d'avance sur Nicolas Troussel, sur cette étape, Gidas Morvan compte encore 6 h 18 mn de retard au général, sur son compatriote nord-finistérien. « Ça ne fait rien, j'y crois encore. De toute façon, ils savent que je suis énervé, je le leur ai dit à la VHF, rit-il. Qu'ils ne comptent pas sur moi pour arriver 15e à l'Aber-Wrach. J'arrive à la maison. Et Nico le sait... »


Ouest-France, Jacques GUYADER.


2e étape : 1. Morvan (Cercle Vert); 2. Troussel (Financo) à 1h52'37''; 3. Pratt (DCNS 97) à 1h52'41''; 4. Chabagny (Suzuki Automobiles) à 1h55'40''; 5. Tabarly (Athema) à 1h56'37''...

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Morvan : « Jamais je n'ai navigué aussi grave »

Solitaire du Figaro (2e étape Vigo - Cherbourg). Le Finistérien Gildas Morvan a remporté hier, à Cherbourg, une victoire pleine d'audace.

Il était 18 h 26, hier, dans la rade de Cherbourg lorsque Gildas Morvan a franchi en vainqueur la ligne d'arrivée lors de la deuxième étape de la Solitaire du Figaro. Le marin de Landeda remporte là sa 4e étape en treize participations. Une victoire pleine de culot, conclue au milieu des cailloux normands, au prix de gros risques.


Gildas Morvan, au début de cette étape, vous réussissez un joli coup le long de la côte espagnole. Est-ce le point de départ de votre victoire ?

Oui. Il y avait un petit truc à faire en Espagne. Le vent était très sud près de la côte, ça aurait été dommage de ne pas profiter de ce couloir. En 1999, lors de ma première victoire d'étape sur la Solitaire (NDLR : entre Baïona et Douarnenez), j'avais profité du même scénario. Quand je suis ressorti, le vent avait tourné au sud-ouest et j'avais gagné 5 milles sur les autres. Et puis, ensuite, il y a eu l'accélération au Cap Finisterre.


Hier, juste avant l'arrivée à Cherbourg, vous êtes encore allé jouer près des cailloux...

On peut même dire que j'ai attaqué énorme. Normalement, jamais tu ne dois faire ça en solitaire. Je n'avais pas forcément envie d'aller à l'intérieur des cailloux et des îlots au passage du Cap de la Hague. Mais, pour gagner, il fallait y aller. Il y avait au moins 8 noeuds de courant, ça affleurait de partout. Là, si tu touches, tu coules. Et tu rentres à la nage. C'était hyper dangereux. J'y suis allé franco... et j'ai talonné. Jamais je n'ai navigué aussi grave. Mais je savais que ça passait. Je l'avais fait en équipage sur une étape du Tour de France à la voile. Et d'ailleurs, on avait talonné...


Vous avez tout de même pris de gros risques...

C'était quitte ou double. Mais pour regagner du temps, il faut savoir être agressif. Ce n'est pas en jouant « petit zizi » qu'on reprend huit heures au leader (NDLR : l'écart entre Troussel et Morvan à l'arrivée de la première étape).


Pensez-vous que vos poursuivants ont eu la même idée ?

Je ne sais pas. Moi, quand je suis passé, ce n'était pas bon. Mais, pour eux, le courant s'amplifiant, ça devait être hyper chaud.


Vous avez regagné près de deux heures sur le leader. Est-ce suffisant pour croire encore à la victoire au classement général ?

Tant que la ligne d'arrivée ne sera pas franchie à l'Aber Wrac'h (NDLR : terme de la 3e et dernière étape), j'y croirais. Une chose est sûre, je ne peux pas arriver 15e là-bas. Donc, je serai énervé jusqu'à la fin.


Ouest-France, recueilli par Renaud PELARD.


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