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mercredi 6 août 2008
Solitaire Figaro : réactions des skippers
Solitaire du Figaro. La flotte a bouclé la deuxième étape, lundi à Cherbourg. Les réactions
Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires), 11e de l'étape à 2 h 28' de Gildas Morvan, 8e au classement général à 9 h 20' de Nicolas Troussel : « On a eu du portant tout du long, je me suis éclaté. Je suis juste déçu d'avoir perdu quelques places sur la fin de l'étape. Au Raz Blanchard, avec le courant, il y avait plusieurs options. J'ai choisi celle entre les îles, au milieu des cailloux. Ce n'est pas celle qui s'est avérée payante. Mais, ça, on ne le sait qu'à l'arrivée. Le courant était super fort, et je dois perdre trois ou quatre places. C'était une super étape. Par moments, ça s'est fait à la vitesse pure. A d'autres moments, c'était très stratégique. »
Vincent Biarnes (Côtes-d'Armor), 15e de l'étape à 2 h 47' de Gildas Morvan, 20e au classement général à 11 h 07' de Nicolas Troussel : « Lors de la première étape (ndlr, La Rochelle - Vigo), j'avais raté le coche. J'étais très bien parti. Mais, ensuite, je n'avais pas réussi à attraper le bon wagon. Et, à l'arrivée, j'avais beaucoup de regrets. Sur cette deuxième étape, c'est l'inverse. Je suis mal parti. J'ai choisi une petite option près des côtes espagnoles, mais elle n'a pas payé. Au Cap Finisterre, je n'étais pas bien placé. J'étais à 25 milles des leaders, et ce n'était pas facile de garder la gnac. Pendant trois jours, j'ai cravaché pour gagner quelques places. En partant de loin, je finis quand même 14e. Mais ce n'est que 14e... Mon objectif était d'être dans les dix premiers au classement général. Maintenant, ça va être dur. Ceci dit, on n'en est qu'à mi-course avant la dernière étape, si on raisonne en nombre de milles. »
Ronan Treussart (Groupe Celeos), 29e de l'étape à 4 h 37' de Gildas Morvan, 28e au classement général à 12 h 01' de Nicolas Troussel : « Je suis super déçu. Au départ de Vigo, j'ai un peu de retard. Ensuite, dans le golfe, la flotte a éclaté. C'est parti à gauche, c'est parti à droite. Moi, j'ai choisi de naviguer au milieu. Et ça a payé partout sauf au milieu. Au passage à Ouessant, je devais être 20e. Ensuite, j'ai choisi de passer au ras à l'Aber Wrac'h, mais il n'y avait pas de vent. Aucun des petits trucs que j'ai tenté n'a fonctionné. Mais je ne vais pas tout remettre en question pour autant. Maintenant, au classement général, c'est plié. Vendredi, je prendrai le départ de la troisième étape comme une nouvelle course. »
Laurent Gouezigoux (Boistech), 23e de l'étape à 3 h 26' de Gildas Morvan, 22e au classement général à 11 h 28' de Nicolas Troussel : « Je suis plutôt content. J'ai mis du charbon dans la remontée du Golfe de Gascogne, et j'ai repris des places tout doucement. Au passage d'Ouessant, je passe à la 20e ou 21e place. Mais là, on repartait à zéro, il restait tout à faire jusqu'à l'arrivée à Cherbourg. J'ai décidé de passer au nord d'Aurigny, alors qu'il fallait aller dans le sud, dans les cailloux. Malheureusement, je n'ai jamais eu l'occasion d'aller me balader dans le raz Blanchard. En tout cas, pas au point de savoir que ça passait. De toute façon, même en le sachant, je ne sais pas si j'y serais allé. A 20 noeuds sous spi, je ne me voyais pas empanner dans les cailloux. Je n'avais pas envie de tout casser pour gagner une ou deux places. Du coup, j'ai rallongé ma route et je prends une claque. Ceci dit, je suis allé au bout de ce que je voulais faire. Sans entraînement, et surtout sans avoir navigué l'an passé, je reste dans le match. En retrait par rapport aux meilleurs, mais dans le match quand même. Pour accrocher ceux de devant, en revanche, il y a encore du boulot. 22e au général, je suis dans les objectifs que je m'étais fixé. Et j'ai la gnac pour continuer. »
Alexis Loison (Allmer Ineo GDF Suez), 26e de l'étape à 3 h 45' de Gildas Morvan, 19e au classement général à 11 h 04' de Nicolas Troussel : « L'objectif était d'être dans le top 20 au général. Pour l'instant, j'y suis et j'espère y rester jusqu'au bout. Durant les deux premiers jours de l'étape, j'étais aux alentours de la 15e place. Mais, à Ouessant, j'ai un peu cafouillé. Je me suis trompé d'option. Le vent a tourné plus tôt que prévu. Ensuite, dans la nuit, je me suis vraiment planté. Pour faire un carton à Cherbourg, j'ai voulu lâcher le peloton en allant au large. J'y suis allé, j'ai vu que ce n'était pas bon. Du coup, j'ai joué l'option du courant près de la côte. Finalement, c'était la mauvaise option. J'aurais dû rester sur ma première idée. En arrivant à Cherbourg, le mal était fait. J'ai quand même limité la casse en revenant sur ceux qui me précédaient. Pour la troisième étape, qui va certainement redistribuer les cartes, je vais être raisonnable et éviter de tout perdre. »
Grégoire Le Mière (OTCex Group), 27e de l'étape à 3 h 49' de Gildas Morvan, 30e au classement général à 12 h 52' de Nicolas Troussel : « C'était ma dixième étape de la Solitaire. Et jamais je n'avais fait un tel classement. Dans l'absolu, c'est donc pas mal. Mais, c'est à relativiser. La veille de l'arrivée, j'étais 6e. J'ai donc perdu 21 places en 24 heures. Une vraie descente aux enfers. A Ouessant, le vent a basculé et je pensais que ça allait venir plus tard. Du coup, je n'étais pas bien positionné. Là, je perds quelques places. Après cette transition mal gérée, le vent a molli, la nuit tombait, je repartais sous une autre allure et un concurrent a voulu me dépasser. Tout ça m'a déstabilisé. Je me suis relâché, je n'ai pas bien réfléchi. Avec Alexis Loison, on était à droite de la flotte, là où il n'y avait pas de vent. Et je perds à nouveau dix places. C'est sûr que la fatigue a joué. En Figaro, il faut savoir garder du recul. Je n'ai pas su le faire. »
Christophe Lebas (Lola), 32e de l'étape à 4 h 50' de Gildas Morvan, 40e au classement général à 15 h 16' de Nicolas Troussel : « Avant Ouessant, j'étais dans les bons coups. Mais, à Ouessant, le front froid est passé avec trois heures d'avance. Quelques minutes avant, le bulletin météo du Cross Corsen l'annonçait pour la nuit. J'ai été presque contraint d'aller là où je ne voulais absolument pas aller. Et ça s'est passé comme je le craignais. On a pris du courant dans le nez comme prévu... En fait, la transition a été très brutale. J'ai eu une minute pour prendre ma décision. Et je n'ai pas pris la bonne. Et dire qu'avant j'étais dans le bon paquet, c'est énervant. Des râteaux, j'en ai pris d'autres, dont certains que je n'avais pas volés. Mais celui-là, je l'avais vu. J'arrive donc un peu désabusé. »
Thierry Chabagny (Suzuki), 4e de l'étape à 1 h 55' de Gildas Morvan, 10e au classement général à 9 h 35' de Nicolas Troussel : « Mon moral est bon, mais il est vrai qu'il fluctue en fonction des résultats. Etre 4e de l'étape, c'est mieux que 25e, et surtout plus conforme à mes objectifs. Sur cette étape, j'ai un peu plus retrouvé mes marques et mes souvenirs de régate au contact. Le début était plus difficile, avec tous ces empannages sous spi. En revanche, je me suis bien amusé, surtout sur la fin, à l'arrivée sur les Îles Anglo Normandes, et en allant chercher dans les cailloux, on a fait monter l'adrénaline. Il fallait tricoter avec les rochers sans les toucher. J'ai bien vu Gildas partir à la côte, mais j'avais peur que l'anticyclone monte et que l'on soit rattrapé par la dorsale, donc je n'ai pas osé y aller. »
Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier), 6e de l'étape à 2 h 01' de Gildas Morvan, 9e au classement général à 9 h 22' de Nicolas Troussel : « J'ai pris beaucoup de plaisir sur cette étape. Les petits copains se plaignaient du temps gris et de l'humidité. Pas moi. J'aime le temps de Bretons. Au moins, on n'avait pas à s'embêter avec la crème solaire (rires). Le Golfe de Gascogne a été vite avalé, et ensuite il y avait des petits coups météo à faire. Juste avant l'arrivée, je n'ai pas pu faire exactement ce que je voulais car j'avais un problème de cartographie. Je n'avais qu'une carte au 1/25 000e. J'aurais aimé passer à l'intérieur des cailloux. Mais le passage était trop fin pour que je prenne le risque avec la carte dont je disposais. C'était un coup à laisser le bateau sur les cailloux. »
Jeanne Grégoire (Banque Populaire), 8e de l'étape à 2 h 14', 6e au classement général à 7 h 53' : « Oui, je suis de mauvaise humeur. Les plombs du moteur (NDLR : qui certifie qu'il n'a pas été embrayé) se sont cassés. Je vais avoir une pénalité de temps. Elle ne sera peut-être pas énorme, mais, quand on se bat des heures pour gratter des minutes et que tout est annulé par une pénalité, c'est énervant. Sinon, j'ai plutôt bien navigué sur l'ensemble. »
Jean-Pierre Nicol (Gavottes), 9e de l'étape à 2 h 16' de Gildas Morvan, 37e au classement général à 14 h 53' de Nicolas Troussel : « Pour la première fois, je rentre dans le top 10 d'une étape. Je me suis battu pour y arriver. Maintenant, je peux me dire que j'en suis capable. Jusque-là, je me ramassais alors que j'avais prouvé des choses avant de venir sur le Figaro. J'avais besoin de cette étape référence. Le déclic s'est produit lors de la première étape, entre La Rochelle et Vigo. Au moment du départ, j'étais dans les derniers, mais au classement du lendemain matin, j'étais dans les 10. Ensuite, j'ai été pris dans la bulle anticyclonique et je suis arrivé dans les derniers. Ça m'a vexé. À Vigo, j'étais dans le milieu de la flotte après le départ, ni trop devant pour éviter de m'enflammer, ni trop loin pour ne pas désespérer. J'ai bien géré mon sommeil pour être prêt en fin d'étape, quand j'allais arriver sur mon terrain de jeu. Du coup, j'étais lucide, j'allais exactement où je voulais aller. A chaque fois que je tentais un petit coup, ça marchait. Ce sentiment de plénitude, c'est agréable. Je me suis senti vraiment acteur de la course. Aujourd'hui, j'ai le sentiment de monter en puissance. Et je ne me suis jamais senti aussi reposé à la fin d'une étape. »
Nicolas Lunven (Foncia), 13e de l'étape à 2 h 44' de Gildas Morvan, 24e au classement général à 11 h 48' de Nicolas Troussel : « C'était une étape plutôt sympa. J'ai envoyé le spi une heure après le départ de Vigo, et je l'ai affalé à l'arrivée. C'était rapide et intense. 13e, c'est un bon résultat pour une deuxième participation. Mais j'ai encore beaucoup de choses à apprendre. Je m'aperçois que j'ai du mal à faire vite avancer le bateau. Ça peut venir des voiles, du bateau ou de moi. Je pense que c'est un peu des trois. Le bon côté des choses, c'est que, malgré ça, j'arrive quand même à revenir dans le coup et à combler mon déficit de vitesse »
Franck Le Gal (Lenze), victime d'un choc avec un cargo dans la nuit de samedi à dimanche, est arrivé à La Trinité-sur-Mer. Hier matin, il a été auditionné par la gendarmerie maritime. Il raconte sa mésaventure : « J'étais bâbord amure dans 20 noeuds de vent orienté au Sud Ouest. La visibilité était réduite. Je suis rentré à l'intérieur du bateau pour enfiler un ciré et faire un point navigation. Cinq minutes plus tard, j'ai entendu un énorme bruit. Je suis sorti et j'ai réalisé qu'un cargo m'abordait. Mon mât était déjà tombé en trois morceaux. Le bateau a alors longé le cargo, mais sans le toucher. Puis, une grosse vague est entrée par l'arrière. Ma première réaction a été d'essayer de sortir de cette zone dangereuse. Patrick Eliès (ndlr, skipper d'un bateau accompagnateur) est vite arrivé sur place pour me donner du gasoil. J'ai fait route tout de suite vers la Trinité-sur-Mer. »
Ouest-France, propos recueillis par
Jacques GUYADER
et Renaud PELARD.
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